Deuxième Colloque International le 28 juin 2008 de 8h30 à 18h00. version arabe
2e COLLOQUE INTERNATIONAL :
« LES MUSULMANS EN EUROPE ET LES DEFIS DE L’ENSEIGNEMENT ISLAMIQUE ».
L'Union européenne, avec ses 27 États, s’étend désormais aux pays de l'Europe de l'Est qui entretiennent une relation avec l'islam et sa civilisation ancrée dans l’histoire. De ce fait, le nombre de musulmans en Europe – près de 50 millions aujourd’hui - s’est considérablement accru, avec son lot de fantasmes sur la « possible islamisation » du vieux continent.
Il y a quelques semaines, le journal "Belgique libre" diffusait par exemple un article déclarant que Bruxelles – dont les musulmans constituent le tiers des habitants – sera musulmane dans vingt ans.
Olivier Service, chercheur en sociologie à l'université Catholique de Louvain, considère pour sa part que d’ici quinze à vingt ans, les musulmans seront majoritaires en nombre en Belgique du fait de leur croissance démographique.
Le journal français "le Figaro", quant à lui, écrit que le nom « Mohammed » est devenu, depuis l'année 2001, le premier nom dans les classes.
Enfin, une étude réalisée par l'Organisation du Centre de Recherche Chrétienne à Londres, mentionne que le nombre de croyants fréquentant les mosquées en Grande Bretagne dépasse largement celui chrétiens fréquentant les églises en Angleterre et aux Pays de Galle. Si ce processus se poursuivait, on comptera 678000 personnes assistant à l’office dominical en 2020 pour 683000 musulmans assistant à la prière du vendredi.
L’ensemble de ces points de vue conforte l’idée d’une présence relativement récente et perçue comme intrusive des musulmans en Europe. Pourtant, au plan historique, dès le début du vingtième siècle les États européens ont puisé une main-d'œuvre dans les anciennes colonies, surtout dans les pays musulmans. La France s’appuyait sur son vivier d'Afrique du Nord et sub-saharienne. Au même moment, la Grande-Bretagne s'appuyait sur le sous-continent Indien (Pakistan et Bangladesh). Au début des années 1960, l'Allemagne développera une politique d’utilisation de la main-d’œuvre turque et, plus récemment, ce sont les pays du sud de l’Europe, tels que l'Espagne et l’Italie, qui recruteront la main d'œuvre du sud méditerranéen.
Un second aspect de l’émigration à prédominance musulmane vers l'Europe, assez souvent occulté d’ailleurs, est celui des "cerveaux" ambitieux formés aux sciences des pays développés et spécialisés dans différents domaines. Avec le temps, ces émigrés sont devenus des cadres nationaux collaborant parfois à l'orientation de l'enseignement par la gestion d’établissements scientifiques et pédagogiques en Europe. Ces intellectuels ont, d’une certaine façon, imposé la présence de l'islam en tant que culture, doctrine et prédication. Certains, parmi ces intellectuels, alimentent les réflexions concernant les nouvelles doctrines islamiques spécialisées en matière de minorités, d’intérêts prioritaires, d'environnement ou encore de citoyenneté.
Évolutions spécifiques
En observant les activités culturelles des associations musulmanes de ces deux dernières décennies, on constate qu’elles sont parvenues à surmonter leur enfermement dans les mosquées et dans les centres islamiques pour s’ouvrir à la construction d’institutions éducatives et pédagogiques. Ce comportement repose sur différentes motivations, dont la plus significative est de remédier aux « vices » qui étaient censés contaminer la première génération, malgré son attachement aux établissements cultuels. L’autre cause qui a favorisé cette orientation est le choix fait par les musulmans de s’installer définitivement en Europe. Conscients de leur spécificité religieuse et des exigences de leur adhésion à la société européenne, ces musulmans exercent leur citoyenneté en collaborant au développement de la société en s’appuyant sur leurs propres ressources culturelles.
L’évolution de la situation des minorités musulmanes a ainsi modifié l'attitude des gouvernements; surtout vis-à-vis des générations européennes par la naissance, par la langue et par la citoyenneté. C'est ainsi qu'après avoir agi, avec la présence islamique, comme si elle serait un phénomène éphémère qui s'éteindrait par la disparition de la main d'œuvre, les politiciens changent aujourd'hui de point de vue en intégrant la stabilité de l'islam en Europe. Il faut donc agir avec ce fait islamique avec courage et responsabilité.
Ce changement apparaît clairement dans les déclarations des responsables politiques; c'est ainsi que le sociologue anglais John RICKY avertit, en s'appuyant sur des études sérieuses et approfondies, que l'opposition à l’immigration des musulmans dans le Royaume Uni aurait pour effet de déprimer des citoyens en leur transmettant le sentiment d'infériorité et qu’ils agiront donc dans le sens d’un désordre dans la structure démographique.
Le président français M. Nicolas SARKOZY déclarait pour sa part, lorsqu'il était ministre de l'intérieur, qu'au nom de la République, on ne permettrait jamais l'existence de citoyenneté de deuxième classe et que la question posée sur l’accord entre les valeurs islamiques et les maximes de la République relève de notre responsabilité. En effet, si la réponse était négative, c'est-à-dire si ces valeurs étaient incompatibles, que ferions nous donc des cinq millions de musulmans en France ? Est-ce qu'on les expatrie ? Est-ce qu'on leur demande de se convertir à une autre religion, doctrine ou idéologie ? Les empêchera-t-on d'exercer leur culte ? Faudra-t-il leur demander de s'abstenir d’enseigner leurs croyances à leurs enfants, au nom des maximes de la liberté personnelle et des principes de la République ?
En comparant l'expérience des institutions éducatives et pédagogiques en Europe, on observe des différences d'un pays à l'autre. Elles sont dues à l'attitude du législateur – dans le domaine politique et administratif – envers les besoins des citoyens de confession musulmane. Par exemple, au Royaume uni, aux Pays bas, en Suède, au Danemark, en Norvège, l'État prend totalement en charge les écoles, depuis la construction et l'équipement, jusqu'aux salaires des enseignants et des fonctionnaires. Tandis qu'au sud de l'Europe, la situation des établissements pédagogiques est tout à fait différente; cela malgré l'importance de la présence islamique. Les dernières statistiques comptent pour la France environ six millions de citoyens musulmans, pour Allemagne, trois millions. L'Espagne et l'Italie en comptent chacune un million.
Quant aux lois européennes concernant les musulmans résidents, citoyens et émigrés, elles déclarent les principes de la liberté de foi, d’égalité, de non discrimination, du droit à la reconnaissance des autres cultures et le droit au respect et à la dignité. Ces droits ont ouvert la porte aux musulmans pour intensifier leur appel à les appliquer à leur situation sociale au lieu de restreindre leurs limites à la confrontation des initiatives racistes ou provocatrices prises par des responsables de l'extrême droite en Europe. Nous rappelons ici les derniers événements du film Fitna du parlementaire hollandais Gibert FELDERS.
Après cette introduction, nous abordons les types d'enseignement donnés aux musulmans en Europe. Ils sont conduits dans quatre directions :
1- L'enseignement facultatif. Celui qui est exercé par les mosquées et par les associations islamiques. Il est limité à l'apprentissage du Coran, de la langue arabe et aux pratiques religieuses. Ajoutons les initiatives d’ONG en terme d’éducation populaire et à finalité de dialogue interculturel.
2- L'enseignement dispensé dans les établissements d’enseignement officiel. Il est régi par les normes de l'enseignement national. Cet enseignement propose des options : le programme de l'enseignement officiel de l'État avec les matières islamiques et la langue arabe. Ajoutons l’expérience d’enseignement du fait religieux initié en France par la commission Régis Debray et qui a fait l’objet d’une conférence du Conseil de l’Europe le 8 Avril 2008.
3- L'« islamologie » dans le cadre des sciences du fait religieux. Il s'agit des études sur l'islam et son histoire, présentes dans quelques universités. Il s’agit d'enseignements résultant souvent historiquement des activités des orientalistes qui ont fondé les premières étapes des études de l'Orient : son histoire, sa civilisation, ses langues, etc. On observe que cet enseignement peine à trouver sa place dans la plupart des universités malgré l'existence de personnes compétentes en ce domaine. Malheureusement, dans les grandes universités européennes, il est dispersé dans plusieurs départements.
4- L'enseignement islamique universitaire. Il est délivré par un nombre de facultés et d'instituts islamiques. Il représente les initiatives des musulmans ambitieux pour établir leur religion en langues européennes. Dans ce contexte, l'Institut Avicenne des Sciences humaines, IASH a vu le jour à Lille depuis l'année 2006. C'est la première initiative de ce type en France.
Cet institut a élaboré son projet d’études universitaires selon le système LMD en vue d'enseigner en français les sciences islamiques de base, l'histoire de l'islam et les piliers de sa civilisation. Le programme comprend également la sociologie, un enseignement sur les institutions françaises et l’apprentissage des langues arabe et française. Il comprend aussi une section pour la formation des cadres religieux, imams, guides, surveillants et surveillantes, etc.
L'Institut coopère avec des institutions performantes en vue d'éclairer et d'améliorer la situation actuelle des établissements d’enseignement islamiques, en réfléchissant sur les difficultés rencontrées et en traçant leur avenir. C’est dans cette perspective que l'institut organise un colloque international sur "Les musulmans en Europe et les défis de l'enseignement islamique".
Les objectifs du colloque :
- Mettre en lumière les différentes formes et les difficultés de l'enseignement islamique, et réfléchir sur les problèmes pour envisager des solutions adéquates.
- Actualiser les programmes et les cursus de l'enseignement islamique en vue d’intégrer les exigences de la citoyenneté européenne et la ressource culturelle islamique.
- Évaluer les initiatives de concertation entre les différentes institutions éducatives et les responsables de l'enseignement, au niveau national et sur le plan de l'Union européenne.
- Créer les conditions de la coopération pour fonder sur ces critères scientifiques la représentation de l'islam et des musulmans, dans une logique de culture du dialogue et de respect mutuel.
Axes du colloque :
Axe premier : Situation actuelle de l'enseignement islamique dans un contexte multiculturel.
1- Enjeux relatifs à l'administration, au financement, aux programmes et à l'insuffisance des cadres et des œuvres basiques.
2- Réflexion sur le fonctionnement des institutions éducatives islamiques dans quelques pays européens (Royaume uni, Pays-Bas, Belgique, Autriche, France.)
3- Études appliquées sur la situation de l'enseignement et de l'éducation en Europe, en explorant le processus des institutions pédagogiques islamiques par rapport à l'enseignement officiel et facultatif.
Deuxième axe : Enseignement islamique et Laïcité.
1- Racine commune des standards et normes universelles. Processus de convergence vers une laïcité européenne et modes de distinction entre État et religion dans des contextes historiques différents.
2- Perspective sur les lois européennes concernant l'enseignement religieux : Constitutions des États européens,
Chartes et déclarations européennes,
Projet de Constitution européenne et traité simplifié (Lisbonne).
Troisième axe : Enseignement islamique et Globalisation
1- Effets de la mondialisation sur les cultures et les systèmes éducatifs nationaux.
2- Image de l'autre dans les média et cursus d'enseignement.
a) Islamo phobie ?
b) Occidentophobie ?
Quatrième axe : Horizon et avenir de l'enseignement islamique en Occident
1- Rôles des institutions éducatives pour intégrer l’identité musulmane dans la citoyenneté européenne.
2- Rôles des programmes d'enseignement en vue d'adapter entre elles les deux références islamique et occidentale dans l'intérêt de la société européenne.
3- Rôles des planificateurs et contrôleurs compétents en domaines de : sciences, culture et prédication.
4- Rôles des programmes de concertation entre les institutions de l'enseignement officiel et islamique.
Participants :
De la France et l'Europe :
- Membres du conseil scientifique de l' IASH
- Représentants des institutions organisatrices européennes
- Personnalités de différents établissements scientifiques et culturels.
De l'étranger :
- Représentants des institutions organisatrices
- Personnalités de différents établissements scientifiques et culturels.
Organisateurs :
- Institut Avicenne des Sciences humaines IASH
- Association mondiale de l'appel islamique
Date et Lieu : 27 -28 juin 2008 - Salle de conférences de l'IASH.
ORGANISATION DE LA JOURNEE
Date à retenir
01 juin 2008 : date de réception des intentions
Consignes pour les propositions de communication
• Identification précise de (ou des) l’auteur :
- Nom Prénom
- Statut
- Laboratoire et/ou établissement de rattachement
- Mél, téléphone et adresse
• Identifier l’axe dans lequel votre communication s’insère et indiquer trois ou quatre mots clefs
• Faire un résumé d’environ une page et demie (format Time 12, interligne 1,5 pour le corps du texte)
• Les intentions de communication devront être adressées conjointement à Mohamed BECHARI (bechari@aol.com) et secrétariat (iash@free.fr). La procédure d’envoi sera la même pour les textes définitifs.
• Ces textes pourront être publiés sous la forme d’actes.
• Inscription public impérative avant le 28 juin 2007
Mot-clefs :
Citoyenneté, Enseignement, Droit, Dialogue, Identité
Agenda de l’appel et modalités de réponse :
Principales échéances:
Date limite de soumission des propositions : 01 juin 2008
Date de notification individuelle, par mail, de l’acceptation des communications acceptées : 5 Juin 2008
Date de réception des textes complets et présentations PowerPoint pour les communications retenues : 15 Juin 2008
Format des soumissions :
- Tous les échanges se feront par internet. On pourra consulter le site de l’IASH: http://www.avicenne.eu / pour des informations en temps réel sur le colloque.
- Les candidats transmettront leur proposition de communication sous la forme suivante :
Indication du nom de l’auteur
Son institution de rattachement
Sa fonction
Son adresse de travail
Son adresse électronique
Un bref résumé de 10 à 15 lignes, c’est-à-dire environ 200 mots maximum (en précisant explicitement auquel des quatre thèmes indiqués plus haut leur communication est plus particulièrement rattachée) # en fichier attaché .doc ou .pdf un texte plus complet sur la communication,
Ces propositions seront envoyées avant le mardi 15 Juin à l’adresse suivante : iash@free.fr
Droit d’inscription :
Pas de droit d’inscription