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Portrait d'Avicenne {IBN SINA}

 

Sa vie

Né en 980 à Afshéna, dans la région de l'actuel Ouzbékistan, il meurt à Hamadan en 1037.
Son père était musulman chiite et sa mère probablement d'origine juive. Il semble qu'il fut précoce dans son intérêt pour les sciences naturelles et la médecine, qu'à 14 ans, il étudie seul.
Il retient de mémoire l'intégralité du Coran.
A 16 ans déjà, il dirigeait des médecins célèbres. Ayant guéri le prince samanide de Boukhara, Nouh ibn Mansour, d’une grave maladie, il est autorisé à consulter la vaste bibliothèque du palais. Son appétit de connaissance aidant, il aurait possédé à 18 ans toutes les sciences connues. Après la mort du prince et celle de son père, qui le contraignent à gagner sa vie, commence sa vie itinérante.
Un peu plus tard, il jouit d'une telle réputation, que plusieurs princes de l'Asie l'appelèrent à leur cour : le roi de Perse l'employa à la fois comme vizir et comme médecin.
Il cultiva aussi avec succès la philosophie, et fut un des premiers à étudier et à faire connaître Aristote.
En 1037 : il meurt brutalement d’une affection intestinale, alors qu’il accompagne son prince dans une expédition contre Hamadan.
Son oeuvre

Avicenne est un grand médecin et un homme qui affronte constamment des difficultés.
La Logique d’Aristote lui paraît insuffisante parce qu’elle n’entre pas assez dans une approche pratique de la vie.
Avicenne s’efforcera d’amener les théories grecques au niveau de ce que son étude du concret lui a apporté. Pour lui, la logique est la science instrumentale des philosophes. Il croit en Dieu créateur, selon l’Islam.
Pour lui, comme pour les autres monothéismes, la source du savoir est la Révélation, faite par Dieu aux hommes, par l’intermédiaire des prophètes.
Avicenne tente de réintégrer le dogme dans son élaboration philosophique.
Pour lui, la métaphysique doit apporter la preuve de l’existence du dieu créateur.
Sa postérité

L’influence philosophique d’Avicenne en Occident a été dépassée par celle d’Averroès, qui a remis en cause ses commentaires d’Aristote, mais elle est constante dans le monde iranien.
Son oeuvre est contemporaine de la constitution du corpus ismaélien (branche du schisme qui représente l’ésotérisme de l’islam).
Précurseur de l'Humanisme, il a inspiré de nombreux penseurs chrétiens. Son approche du religieux est relativement moderne, et empreinte de tolérance. Sa pensée sur la distinction entre l’«essence» et l’existence de l’être sera exploitée par Thomas d’Aquin ; et sera une des bases de la philosophie scolastique du Moyen Âge chrétien.
Les écrits les plus célèbres d’Avicenne traitent de philosophie et de médecine.
Ses conceptions philosophiques ont occupé les penseurs occidentaux pendant plusieurs siècles et ses ouvrages figuraient parmi les sources philosophiques les plus importantes.
En médecine, son Canon (Al-Qânûn), traduit en latin à la fin du XIIe siècle de l’ère chrétienne est demeuré une référence pour les étudiants de médecine des universités européennes jusqu’à la fin du XVIIe siècle.
Un trait d'union entre l'Orient et l'Occident

De par sa tradition rationaliste en Islam, Avicenne apparaît comme un trait d’union entre l’Orient et l’Occident. L’Occident a oublié que les sciences exactes et la méthode expérimentale proviennent en fait de ce qu’on appelle aujourd’hui le Moyen Orient, et que la Sagesse et la science occidentale ont leur racine dans le monde islamique.
Avicenne a vécu à l’époque où l’Occident était encore lieu de Barbarie et d’Obscurantisme, à l’époque même où le monde perse rayonne de tout ce que l’esprit humain possède de meilleur. C’est par plusieurs penseurs islamiques que l’Occident est sorti des ténèbre, a redécouvert les grands penseurs grecs, préparant ainsi la renaissance européenne.
Avicenne est comparable aux grands génies humanistes de la renaissance, c’est en partie à lui que l’occident doit sa redécouverte de ses racines et de son histoire grecque.
Il incarne l’idéal humaniste de la curiosité et du savant universel. Il est également porteur d’un message d’éthique et de foi en l’homme qu’il perçoit comme étant à la recherche d’une harmonie avec la nature. Une harmonique que les temps modernes ont oubliée et que notre époque voudrait retrouver.
C’est pourquoi l’Institut Avicenne s’est placé sous les hospices d’une telle figure.
Incarnant la rupture dans la continuité, la recherche de l’harmonie, du vrai et la persévérance dans l’effort.
 
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